Dans un contexte de modernisation de l'administration fiscale béninoise et d'harmonisation avec les directives de l'UEMOA, la Direction Générale des Impôts et des Domaines (DGID) du Bénin a consolidé en 2025 un ensemble de mesures renforçant les obligations déclaratives des contribuables. Ces dispositions concernent directement les entreprises assujetties à l'impôt sur les sociétés (IS), à la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et aux autres impôts et taxes prévus par le Code Général des Impôts (CGI) du Bénin. **Généralisation de la télédéclaration et du télépaiement** Conformément aux orientations de la Directive UEMOA n°02/2010/CM/UEMOA relative à la coopération fiscale et aux engagements pris dans le cadre du Plan de Transition Fiscale de l'UEMOA, le Bénin a étendu l'obligation de télédéclaration à toutes les entreprises relevant du régime du réel, y compris les PME dont le chiffre d'affaires annuel est supérieur à 50 millions de FCFA. Le portail e-tax de la DGID constitue désormais le canal exclusif de dépôt des déclarations de TVA (mensuelle), de l'acompte IS (trimestriel) et de la déclaration annuelle des résultats (DAS). Les cabinets doivent s'assurer de la validité des accréditations électroniques de leurs mandants et anticiper les délais techniques inhérents à la plateforme. **Renforcement des obligations documentaires en matière de prix de transfert** L'article 217 du CGI Bénin, aligné sur les standards OCDE et les recommandations du Cadre inclusif BEPS, impose aux entreprises réalisant des transactions intra-groupe supérieures à 500 millions de FCFA de constituer un dossier de prix de transfert complet, désormais exigible dès le début du contrôle fiscal et non plus seulement sur demande. Les cabinets d'expertise comptable doivent accompagner leurs clients dans la rédaction de la documentation contemporaine (master file et local file) sous peine d'une amende forfaitaire de 5 % des transactions non documentées, telle que prévue par la Loi de Finances 2025. **Nouvelles sanctions et procédures de mise en demeure** La Loi de Finances 2025 (Loi n°2024-XX portant budget de l'État exercice 2025) a alourdi les pénalités pour dépôt tardif : une majoration de 25 % des droits dus s'applique dès le premier jour de retard, portée à 50 % en cas de mise en demeure restée sans suite. Ces dispositions s'articulent avec les règles de procédures fiscales de l'Acte Uniforme OHADA relatif au droit commercial général, notamment en matière de représentation des sociétés lors des contrôles. **Implications pratiques pour les cabinets** Les professionnels doivent réviser leurs lettres de mission afin d'intégrer explicitement les obligations de veille déclarative. Il est recommandé de mettre en place des calendriers fiscaux partagés avec les clients, d'effectuer des revues de conformité semestrielles et de former les équipes aux évolutions du CGI Bénin et aux directives UEMOA n°01/2009 et n°02/2010. La coordination avec les équipes douanières reste essentielle, notamment pour les opérateurs pratiquant l'import-export, où TVA à l'importation et droits de douane CEDEAO (TEC) doivent être réconciliés dans les états financiers IFRS/SYSCOHADA révisé.