Le licenciement pour motif économique constitue l'une des problématiques sociales les plus sensibles pour les entreprises opérant au Bénin. Encadré principalement par la Loi n°98-004 du 27 janvier 1998 portant Code du travail de la République du Bénin, ce dispositif impose aux employeurs une rigueur procédurale dont le non-respect expose à des contentieux coûteux devant le Tribunal de première instance statuant en matière sociale. **Cadre réglementaire applicable** Le licenciement économique est défini comme toute rupture du contrat de travail motivée par des difficultés économiques, des mutations technologiques, une réorganisation nécessaire à la sauvegarde de la compétitivité ou une cessation d'activité. Les articles 50 à 60 du Code du travail béninois posent les fondements de cette procédure. Par ailleurs, les principes directeurs de l'OHADA en matière de droit des affaires, bien que le droit du travail ne relève pas directement des Actes uniformes, influencent indirectement les pratiques contractuelles et la gestion des passifs sociaux dans les états financiers. **Procédure obligatoire à respecter** Avant tout licenciement collectif portant sur au moins dix salariés sur trente jours, l'employeur doit : (1) informer et consulter les délégués du personnel ou le comité d'entreprise ; (2) notifier l'inspection du travail du ressort géographique concerné dans un délai minimum de trente jours avant la mise en œuvre ; (3) établir un plan social précisant les mesures d'accompagnement (formation, reclassement interne, aide à la reconversion). Pour les licenciements individuels pour motif économique, la notification préalable à l'inspection du travail reste obligatoire, avec un délai de réflexion de quinze jours. **Calcul des indemnités légales** L'indemnité de licenciement est due dès lors que le salarié justifie d'une ancienneté d'au moins un an. Son calcul repose sur la moyenne des trois dernières rémunérations brutes perçues, selon le barème suivant : 30 % du salaire mensuel moyen par année d'ancienneté pour les cinq premières années ; 35 % de la sixième à la dixième année ; 40 % au-delà de dix ans. S'y ajoutent l'indemnité compensatrice de préavis (un à trois mois selon la catégorie professionnelle) et l'indemnité compensatrice de congés payés non pris. Sur le plan fiscal, ces indemnités bénéficient d'une exonération partielle d'ITS (Impôt sur les Traitements et Salaires) dans les limites fixées par le Code Général des Impôts du Bénin, notamment sous l'article 95, au-delà desquelles la fraction excédentaire est soumise à imposition. **Implications pratiques pour les cabinets** Les experts-comptables et auditeurs doivent intégrer plusieurs réflexes dans leur accompagnement : vérifier la correcte provision des indemnités de fin de contrat dans les comptes annuels conformément aux normes SYSCOHADA révisé (provision pour risques et charges sociales) ; s'assurer de la conformité des procédures avant toute certification des comptes d'une entreprise en restructuration ; conseiller sur l'impact fiscal des indemnités au regard des dispositions du CGI Bénin et des conventions de non-double imposition en vigueur dans l'espace UEMOA. Une attention particulière doit être portée aux délais de prescription de deux ans applicables aux actions en contestation de licenciement, susceptibles de générer des passifs éventuels significatifs.